SFR, le futur géant des télécoms

SFR, le futur géant des télécoms

SFR : un futur géant mondial de la convergence fixe et mobile à très haut débit ?

Après Virgin Mobile, SFR… et sans attendre le dénouement d’une éventuelle offre sur Bouygues télécom, Altice, la maison mère de ce nouveau géant des télécoms annonce qu’elle est rentrée en « négociation exclusive » pour le rachat de Portugal télécom. 7,4 Milliards €, excusez du peu !

Monsieur Patrick Drahi, son PDG, a clairement acquis une expertise : il sait convaincre les milieux financiers des vertus de son projet industriel, et ceux-là lui prêtent volontiers en retour les milliards dont il a besoin pour le mener à bien.

Les atouts maîtres du plan stratégique de Patrick Drahi

1- L’argent coule à flot et à un coût très bas pour qui sait le solliciter : les banques empruntent à la banque centrale européenne à coût quasi 0 et prêtent ensuite à des emprunteurs qui en ont besoin, pourvu que les garanties de remboursement soient bonnes.

2- SFR-Numéricable-Vivendi : la stratégie du « Too big to fail » ?
Aujourd’hui,  plus les emprunteurs sont gros, plus ils ont une chance de se financer : ainsi, le « too big to fail » s’applique aux états, aux banques, aux entreprises énergétiques mais aussi aux mastodontes des télécoms dont le développement conditionne celui des pays qu’ils équipent. Les banques savent que pour ces emprunteurs-là, l’organisation politico-économique mondiale a fait le choix de ne plus jamais (ou presque) laisser ces géants faire faillite, sous peine de déclencher des risques systémiques aux conséquences désastreuses incalculables.
Remarque qui n’a plus rien à voir : tout en bas de l’échelle en revanche, on exige toujours plus des PME qui elles, ont souvent du mal à se financer. On ne prête qu’aux riches ! On le savait, mais on ne s’en remet toujours pas.

3- SFR : Un projet industriel ambitieux !
Depuis plusieurs années, Patrick Drahi présente donc à ses différents interlocuteurs un projet très ambitieux, non seulement en termes de positionnement (leader de la convergence fixe et mobile très haut débit) mais aussi de dimension ; et c’est probablement le groupe Vivendi qui lui a mis le pied à l’étrier en le faisant changer de catégorie. Il était un petit « acteur » talentueux jusqu’à l’année dernière, avec ses opérations mineures en France, en Israël, au Portugal, mais avec sa prise de SFR et son nouveau partenariat financier avec VIVENDI, il peut changer de braquet et devenir un géant de taille internationale (au moins européenne mais pourquoi pas mondiale) des télécoms « too big too fail ».

4- Le très haut débit coute cher et requiert d’importants investissements, que seules les grandes entreprises de télécom pourront s’offrir : Altice avait besoin de réussir son opération avec Vivendi pour être crédible non seulement sur le plan technologique mais aussi financier. Cette étape est franchie, le reste peut maintenant venir.

5- Le marché des entreprises « à vendre » dans les télécoms est assez riche : les MVNO, les opérateurs de petits pays, les entreprises comme Bouygues Télécom devront tôt ou tard trouver des alliances pour continuer dans cette course difficile à financer.

6- Financer aussi un changement de business model.
Les opérateurs télécoms doivent aussi financer un changement long et douloureux de leur business model. Ce ne sont plus les ventes de téléphones, d’accessoires ou de communication qui vont assurer des lendemains qui chantent. Les prix baissent, les marges diminuent, et le marché français en est le meilleur exemple. D’ailleurs, la valorisation boursière de ces grands groupes européens baisse inexorablement : -50% depuis 2007, alors que celle des GAFAM (Google, Amazon, facebook, Apple,Microsoft)  s’est multipliée par 2 sur la même période.
Les revenus de demain viendront de la maîtrise de la valeur ajoutée qui passera par leurs tuyaux : services, e-commerce… qu’ils sauront rendre accessibles partout (sur vous, chez vous, dans votre voiture ou dans un avion…)
Et comme ce n’est pas pour tout de suite, il vaudra mieux avoir les reins solides pour passer les années qui vont venir.

Belle anticipation que celle de Monsieur Drahi : souhaitons-lui plein de succès, mais aussi de tenir ses promesses d’investissement et d’emploi : au Portugal comme en France, ses offres se sont accompagnées d’engagements importants sur ces deux plans. En politique, on sait ce que deviennent les promesses faites en phase de séduction, dans le monde de l’entreprise il n’en va normalement pas de même… Mais quid des entreprises où se mêle le politique ?



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