Pourquoi Martin Bouygues a refusé l’offre de Patrick Drahi ?

Pourquoi Martin Bouygues a refusé l’offre de Patrick Drahi ?

SFR – Bouygues Telecom – Free : et c’est pas fini !

Vous avez tous suivi le refus par Martin Bouygues de l’offre de rachat de sa filiale Bouygues Telecom par SFR – Numéricable ! Ce refus est riche en enseignements car il doit être « contextualisé »  dans une vision globale du marché des télécom… ce que @LesSmartAddicts vont maintenant s’efforcer de faire.

1. La nécessité d’une consolidation du marché français entre 3 opérateurs est une certitude…

Du moins pour les patrons des 3 opérateurs mais aussi pour l’immense majorité des « business analists » qui suivent ce marché de près :

Orange-Sfr-Bouygues

– L’industrie des télécom est très capitalistique ! Autrement dit, elle nécessite des investissements importants et surtout constants pour maintenir le service proposé au niveau des attentes des clients qui en veulent toujours plus : plus de rapidité, plus de couverture, plus de contenu… L’explosion du trafic des données est considérable…et les industriels sollicités ont besoin de marges pour financer ces investissements : l’équation « basse consommation -bas prix – hauts investissements » n’existe pas.
– C’est toute l’économie française et ses entreprises qui ont besoin de ces investissements, et même l’Europe entière. Nous en sommes au déploiement poussif de la 4G, en retard sur les Etats Unis, le japon, sans même parler de la Corée, qui en est à la 5G… 5G qui devrait arriver chez nous, si nous ne ratons pas tous les trains d’ici là, en 2018-2020. Aux Etats-Unis, l’investissement/habitant des opérateurs mobiles est le double du chiffre constaté en France…
– Les principaux patrons des entreprises concernées : Stéphane Richard (Orange), Xavier Niel (Free), Martin Bouygues (Bouygues télécom) et Patrick Drahi (SFR- Numéricable), sont tous convaincus de cette nécessité de passer de 4 à 3 et travaillent depuis plus d’un an pour chercher la bonne formule. Dans ce jeu de Lego, les 3 acteurs restant doivent se partager les morceaux du 4ème… il vont bien finir par trouver la solution.

2. Alors, pourquoi Bouygues a-t-il refusé ?

Sfr– Ce n’est pas pour la valorisation. Il y a quelques mois, quand le landernau parlait de tractations en coulisses, Bouygues disait en vouloir au minimum 8 Milliards.
– Martin Bouygues nous explique qu’il trouvait le montage financier d’Altice fragile, voire peu crédible…Patrick Drahi explique pourtant que sur les 10 Milliards, il n’avait besoin « que » de 3,5-4 Milliards d’euros en emprunt pour boucler son affaire…

– Monsieur Bouygues trouve aussi hasardeux de tabler si vite sur un accord de la haute autorité de la concurrence…
– Martin Bouygues explique enfin et sans doute surtout qu’on ne vend pas une entreprise comme on vend une baguette… que tout n’est pas forcément à vendre, en particulier une entreprise qui porte votre nom…

3. Forcément, Martin Bouygues a une meilleure idée pour valoriser son entreprise :

Bouygues-

– Il a un nouveau projet d’entreprise qui lui permettra (dit-il) de regagner de la marge (il vise 25% d’EBITDA en 2017 contre 12,7% aujourd’hui !) et qui s’appuie sur un excellent réseau et des coûts opérationnels faibles…
– Peut-être a-t-il aussi une vision plus large, qui englobe les entreprises du numérique… Dans ce nouveau monde, les opérateurs de télécoms passent volontiers pour les « papys du numérique », dixit le jeune patron de l’ARCEP, Sebastian Soriano qui estime que les vrais enjeux économiques du secteur tournent autour de l’Internet des Objets… Tiens ? C’est marrant, Bouygues vient de lancer LORA, 1er réseau français dédié à l’Internet des Objets….

A suivre.



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