Marché des « Télécoms » : finalement, on reste à 4… jusqu’à quand ?

Marché des « Télécoms » : finalement, on reste à 4… jusqu’à quand ?

Ainsi donc, Orange a dit non à Bouygues : « Les conditions n’étaient pas réunies blablabla… ».

Communiqué de presse laconique si ce n’est lapidaire et l’absence d’explication officielle cache mal un problème classique dans les négociations : ils ne sont pas d’accord sur le prix !

Martin Bouygues n’a pas envie d’être le dindon de la farce, et il est vrai qu’il n’en a pas le profil ! La question se pose selon lui en ces termes : pourquoi cette restructuration du marché à 3 opérateurs profiterait-elle à tout le monde, sauf à Bouygues Télécom ? C’est vrai que vu comme ça…

Bref, Bouygues en demande toujours autour de 7,5M€-8M€, et ni Free (qui en avait proposé 5) ni Orange n’accepte de payer ce prix.

Martin Bouygues, cohérent dans sa démarche, dit à qui veut l’entendre que son plan est de préserver durablement Bouygues Télécom dans un environnement à 4 opérateurs. Il suit même les recommandations édictées par le patron de l’ARCEP lui-même, ce qui peut apparaître comique quand on connaît le point de vue du 1er sur le 2ème : « qui régule le régulateur ?»  s’interrogeait récemment Martin Bouygues qui considère l’organisme régulateur responsable de la catastrophe industrielle qu’a entrainé l’arrivée de FREE sur le marché, en lui laissant des conditions réglementaires scandaleusement avantageuses.

1-Bouygues, comme le fit Free naguère, attaque fort avec des prix très agressifs sur le fixe. Voilà qui devrait « appuyer là où ça fait mal » à ceux qui, comme FREE, prétendaient racheter Bouygues sans vouloir en payer le prix. Chaque client pris à FREE renforce Bouygues et affaiblit FREE, et en bourse, ce genre de transfert compte triple. D’ailleurs, les cotes en bourse des 3 opérateurs ont toute dévissé le jour de l’annonce officielle de l’échec des négociations avec Orange.
2-Bouygues joue la carte de la mutualisation des investissements : il co-investit (probablement avec Orange) dans 2,5 millions de lignes FTTH, et choisit de dégrouper massivement pour arriver à 1500 NRA (nœuds de raccordement d’abonnés).
3-Bouygues fait celui qui joue le long terme. Tout cela va prendre du temps, mais le temps c’est de l’argent, en particulier dans le High Tech, et en particulier dans un secteur en pleine restructuration. Tous le savent, personne n’est dupe, et on peut parier que si BOUYGUES obtient des résultats commerciaux significatifs dans les prochains mois, les négociations repartiront de plus belle.

Pendant ce temps justement:
– SFR-Numéricable consolide sa position de leader en rachetant le MVNO Virgin Mobile, en attendant de voir comment son statut réglementaire va devoir évoluer pour respecter une certaine équité en termes de concurrence.
– En Allemagne, on revient à un marché organisé autour de 3 opérateurs majeurs, dans un intérêt commun bien compris et partagé par tous.

Mais, ça, c’est en Allemagne…



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