Marché à 3 VS marché à 4 : qui va gagner ?

Marché à 3 VS marché à 4 : qui va gagner ?

Le débat s’intensifie autour de l’organisation du marché des télécoms… dans l’intérêt du consommateur, vaut-il mieux 3 ou 4 opérateurs ?

A ma gauche : BOUYGUES-FREE-ORANGE-Le gouvernement, tous d’accord pour revenir à 3 opérateurs. L’arrivée de FREE a fait baisser les prix de 30% pour atteindre les plus bas niveaux européens. Il y a 20 milliards d’investissement à assurer pour permettre le très haut débit, ce qui nécessite des entreprises de télécom en bonne santé. Et le Très haut débit est un préalable essentiel à l’adaptation de l’économie française face aux défis et aux opportunités avenir.

A ma droite l’ARCEP : le gendarme des télécoms est beaucoup plus circonspect : son président, Jean-Ludovic Silicani (en photo ci-dessus) le fait savoir haut et fort, par voie de presse.

Il a un mauvais souvenir de la période précédant l’arrivée de FREE, pendant laquelle les 3 acteurs présents alors ont profité, voir abusé  d’« une rente », en maintenant des tarifs très élevé, malgré toutes les actions menées par l’ARCEP : vous vous souvenez, à l’époque, il s’agissait d’interdire les prix supérieurs de 25% à la moyenne européenne !, de condamner les 3 compères pour entente sur les prix etc..

Bref, pour l’ARCEP, l’arrivée d’un 4ème opérateur a été salutaire et il ne faut pas en perdre les bénéfices, tout en admettant qu’il faut aussi réorganiser le marché pour permettre un partage de la valeur satisfaisant ».

Silicani organise son discours autour de 2 piliers

1-Clarifier pour le consommateur le rapport entre les prix et la qualité du service rendu. D’après Silicani, il faut se méfier des prix les plus bas, car souvent le service n’est pas au rendez-vous, en visant en particulier FREE qui d’après lui, se trouve loin derrière les autres. D’où la publication de ce baromètre trimestriel, supposé remettre dans l’actualité les données objectives qui permettent selon lui de « juger sur pièce ».

2-Favoriser au maximum la mutualisation des réseaux. Certes, ça coute cher d’installer des antennes et la fibre, mais si les investissements sont partagés, c’est déjà plus supportable. En filigrane, on voit que l’ARCEP encourage BOUYGUES et SFR à mettre en œuvre leur accord pourtant signé avant le rachat par NUMERICABLE,  mais avec de nouvelles réserves cependant…et c’est là où ça se complique : car ORANGE a saisi cette même instance pour l’alerter sur le risque que représentent les « clauses d’itinérance » 4G qui permettrait à SFR de bénéficier du réseau et des fréquences BOUYGUES, ce qui lui donnerait un avantage trop important par rapport aux autres opérateurs qui ont lourdement investi. En effet, avec la mise en route de 1675 sites (à peine plus que FREE), SFR est loin derrière ORANGE et BOUYGUES qui en sont à plus de 6000 et ne semble pas vouloir accélérer… et on les comprend : la partie « cachée » de l’accord de mutualisation prévoie effectivement qu’SFR bénéficie du réseau BOUYGUES pendant 2 ans et à bon prix, ce qui lui laisse un temps confortable pour se mettre à niveau et s’organiser dans sa nouvelles structure NUMERICABLE-SFR.

BOUYGUES n’est pas enthousiaste c’est le moins qu’on puisse dire, à l’idée de laisser un tel avantage à ce nouveau rival.

A suivre.



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