Les stables coins vont-elles tuer le swift ?

Crypto monnaies 

Les stables coins vont-elles tuer le swift ?

Crypto monnaies : pourquoi la banque de France s’y met ? Et pourquoi on a tous intérêt à comprendre ce nouveau langage ?

Stable Coins, Tokénisation*, MDBC, c’est tout un langage qui se développe autour des crypto-monnaies, et quand c’est un Monsieur aussi respectable que le gouverneur de la Banque de France qui l’adopte, on se dit que l’ambiance n’est plus aux monnaies super spéculatives et au blanchiment d’argent sale (genre Bitcoin)…Non, les crypto-monnaies de banques centrales arrivent et vont s’installer dans notre quotidien, car tout le monde s’y met : la banque centrale de Chine affirme qu’elle y travaille depuis 5 ou 6 ans, et sera la première à lancer la première Monnaie Digitale de Banque Centrale (MDBC), les banques centrales du Canada et de Singapour expérimentent le concept, la banque centrale de France va lancer un appel à projet au premier trimestre 2020…Jusqu’à la présidence finlandaise de l’Union Européenne qui a proposé la création d’une monnaie numérique adossée à la Banque Centrale Européenne…

*la tokenisation désigne l’inscription d’un actif et de ses droits sur un token (un jeton) afin d’en permettre la gestion et l’échange de pair-à-pair sur une blockchain, de façon instantanée et sécurisée.

C’est Zuck qui a mis le souk

Pourquoi toutes ces institutions s’agitent-elles ? Parce que Marc Zuckerberg, patron de FACEBOOK, a lancé son projet LIBRA en Juin dernier en avançant le concept de Stable Coins : une monnaie numérique non pas purement spéculative mais dont la valeur serait définie à partir d’actifs tels que des monnaies stables nationales (le dollar, l’euro etc…) ou traditionnels.

Astucieux, mais dangereux pour les Etats qui voient là un risque énorme de déstabiliser l’ensemble du système monétaire mondial, quand on connait la portée planétaire du groupe FACEBOOK. La valeur d’une monnaie dépend de la confiance que l’on a dans celle-ci, et pour le moment, on fait plus confiance aux Etats qu’à des entreprises privées pour la garantir.

Quelle est la différence entre 1 e-€ (1 euro numérique) et l’euro actuel ?

Les monnaies numériques sont 100% dématérialisées : elles n’existent qu’à travers les transactions qu’elles opèrent entre « pairs », via un système de distribution supposé 100% fiable : la blockchain. Pour l’instant, la banque centrale européenne n’émet que des pièces et des billets ; elle pourrait créer demain des € numériques.

Le véritable attrait de ces monnaies virtuelles est leur praticité d’usage : grâce à elles, il est aussi facile de payer que d’utiliser son réseau social, et cet avantage est encore plus sensible dans les paiements internationaux : en efficacité, en cout d’intermédiation, elles pulvérisent le SWIFT, ce standard du virement international qui est en train de prendre un sacré coup de vieux.

On imagine qu’à long terme, les e-€ pourraient donc remplacer les euros « sonnants et trébuchants », comme l’étudient déjà des pays comme la Chine et la Suède où le paiement en cash est en train de disparaître. Seuls subsisteraient alors les paiements dématérialisés par Carte ou sur mobile…

Comment la Banque de France va-t-elle s’y prendre ?

Le projet de Monsieur Villeroy de Galhau (gouverneur actuel de la banque de France) est d’avancer vite dans un premier temps sur une monnaie destinée aux paiements entre acteurs du secteur financier. Une sorte de « MDBC de gros », pour en devenir rapidement « le 1er émetteur au niveau international et (en) tirer ainsi les bénéfices réservés à une MDBC de référence », selon les propres de termes de

Selon Monsieur Villeroy de Galhau, une MDBC destinée aux particuliers serait beaucoup plus compliquée à mettre en place. On en revient à se demander comment ce diable de Zuckerberg compte-t-il s’y prendre ?

Encore une affaire à suivre !