Huawei épisode 4 : La riposte

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Huawei épisode 4 : La riposte

Derrière les prises de position officielles très policées des dirigeants du géant chinois se cachent des manœuvres d’une autre portée…

Petit retour en arrière

  • Les USA, Trump en tête accusent Huawei de malversation et font arrêter par le Canada la directrice financière du groupe chinois
  • Les USA mènent une campagne de lobbying mondial contre Huawei pour les exclure des appels d’offres de la 5G pour risque d’espionnage
  • Huawei oppose à cette tempête un discours très soft niant évidemment toute velléité de vouloir faire de l’intelligence économique à travers ses installations… Tellement soft qu’on se demande ce que cela cache.

Riposte 1 : Huawei installe son centre de recherche en cyber-sécurité à Bruxelles, au cœur de l’Europe.

Ainsi, le géant chinois joue la totale transparence en offrant la possibilité à tous les opérateurs de télécoms de tester et d’analyser en détail (jusqu’aux codes source, des fois qu’y seraient cachés des petits logiciels espions) les matériels proposés.

A la rumeur, Huawei répond par des faits ! Et ce n’est pas la première fois, puisqu’il existe déjà 2 autres centres du même type à Londres et à Bonn.

Les européens restent méfiants, mais ne ferment pas la porte (il parait que déjà 3 opérateurs ont pris rendez-vous pour se livrer aux inspections proposées)…

Riposte 2 : œil pour œil, dent pour dent

Il y a un 2ème théâtre où se joue cette guerre économique, dans lequel les acteurs chinois ne jouent pas les seconds rôles :

  • Quelques jours après l’arrestation de Meng Wanzhou au Canada, curieusement, 2 citoyens canadiens (un diplomate et un homme d’affaires) ont aussi été arrêtés en Chine. Les raisons de leur arrestation n’ont pas été explicitées, même si certains médias ont rapporté qu’ils auraient enfreint une nouvelle règle spécifique à la circulation des responsables d’ONG dans le pays.
  • Puis le Canada a autorisé l’extradition aux USA de la directrice financière chinoise ! Immédiatement après, un site officiel chinois a publié les charges à l’encontre des 2 canadiens : vol de secrets d’Etat ! Les chinois en la matière peuvent même être plus rugueux que les Américains, puisqu’alors que Mrs Meng vit sa captivité dans l’une des belles demeures qu’elle possède à Vancouver, l’un des Canadiens arrêtés se retrouve carrément en prison à Pékin où il n’a accès ni à ses avocats ni à sa famille, et l’autre détenu se trouverait à Dandong dans des conditions analogues.
  • A la mi-Janvier, un 3ème citoyen canadien, qui purgeait une peine de 15 ans de prison pour trafic de drogue, a vu son procès révisé (« de manière précipitée » selon Amnesty International cité par l’AFP) et s’est retrouvé condamné à mort ! Il est vrai que la justice chinoise est drastique quand il s’agit de drogue, et que plusieurs étrangers avant ce citoyen Canadien ont été condamnés à mort pour ce type de chefs d’accusation.

Tout cela dépasse largement Huawei

Bien-entendu, le Canada s’est refusé à céder à cette riposte de l’administration chinoise mais le 1er ministre Justin Trudeau a quand même recommandé à ses administrés de faire preuve d’une grande prudence s’ils devaient se rendre en Chine. Le problème, c’est que le Président Trump (pour qui tous les coups sont permis), aurait évoqué à deux reprises la possibilité de mettre la libération de Madame Weng dans la balance de l’accord commercial Etat à Etat, qu’il essaie de discuter avec le Président Chinois Xi Jinping. Il faut rappeler que cette ressortissante chinoise n’est autre que la fille du fondateur de Huawei… Une prise de choix en quelque sorte, même s’il s’agit là d’une pratique formellement interdite par la loi Américaine et qui ne sera sûrement pas retenue officiellement…

 

On attend donc l’épisode 5.