Huawei épisode 3 : L’Europe va t’elle se raviser ?

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Huawei épisode 3 : L’Europe va t’elle se raviser ?

Après la contagieuse alerte mondiale à la Sécurité Nationale lancée par les USA contre le géant chinois, les européens seraient-ils en train de se raviser ?

Rappel des épisodes précédents :

Episode 1

Les États-Unis développent une nouvelle théorie : Huawei serait le bras armé et le nouvel atout majeur de l’espionnage au service du pouvoir politique chinois (d’ailleurs son Président est un ancien militaire, le Parti Communiste Chinois est présent dans l’entreprise, et il y a quelques années on a effectivement trouvé des mini-logiciels espions dans certains modèles de smartphones). Du coup, les États-Unis attaquent la compagnie en justice pour vol de secret technologique, et arrêtent au Canada la CFO du groupe qui se trouve être la propre fille du Président Ren Zhengfei.

Episode 2

Les États-Unis enjoignent le reste des pays occidentaux à se méfier de la même manière et à exclure eux aussi Huawei des appels d’offre concernant les infrastructures du réseau 5G. Le risque brandi ? Au mieux : être espionné partout où cela peut être stratégique. Au pire : la menace plane de pouvoir faire tomber tout ou partie du réseau et ainsi neutraliser un pays tout entier (transport de l’énergie, les télécoms, les automobiles…). Il est vrai que si le risque est avéré, la menace est énorme. De plus, l’histoire de la Chine montre qu’elle a de bonnes raisons de se méfier des étrangers : après avoir été la première puissance économique mondiale jusqu’au XVIIIème siècle, ses colonisateurs l’ont plongée dans le chaos en l’asservissant au commerce de l’opium… Ils s’en remettent tout juste aujourd’hui et ne se feront pas prendre deux fois. Bref la contagion démarre : l’Australie, le Royaume Uni, l’Europe, tout le monde commence à prendre du recul.

L’autre version des faits

  • Les Etats-Unis prennent conscience brutalement du retard technologique accumulé sur les chinois dans le développement de la 5G. Un problème doublement stratégique sur le plan économique mais aussi au niveau de l’intelligence économique. Les USA avaient l’habitude d’espionner la terre entière, en profondeur et en solitaire, mais avec les fabuleux outils de ses alliés tech (Cisco et ses puces/mouchards, les GAFAM et leurs bases de données vertigineuses), et ils se rendent compte maintenant que les chinois pourraient être tout aussi actifs et puissants qu’eux dans ce domaine !
  • Du coup, les Américains décident de lancer une campagne pour ralentir Huawei dans son développement, histoire de se donner le temps de rattraper le retard.

Episode 3 : L’Europe hésite

… à commencer par le Royaume Uni pourtant allié stratégique des USA en termes d’intelligence économique (Le Royaume Uni fait partie du groupe des « Five Eyes » avec le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui partagent des informations avec les Américains). En effet, les Anglais ont finalement renoncé à écarter Huawei du déploiement de leur réseau 5G, sur la base d’un rapport de leur agence de renseignement spécialisée en cyber sécurité, qui estime qu’il est possible de « limiter les risques » générés par les équipements Huawei. L’Allemagne elle aussi, (pays où Huawei a installé son QG pour l’Europe) aurait finalement décidé de ne pas fermer la porte à l’équipementier, même si officiellement le sujet n’est pas encore tranché.  L’Italie est en train de suivre cette nouvelle ligne, et tout ce monde-là va sûrement se retrouver au MWC de Barcelone pour continuer les discussions.

A l’origine de cette fronde, un fort lobbying des opérateurs télécoms européens qui se rendent compte que sans Huawei, ils prendraient un important retard dans le déploiement de la 5G et devraient payer d’importants surcouts qui s’ajouteraient à des montants d’investissements déjà considérables…

Finalement, en Europe, nous aurions à choisir entre être espionnés par les Américains ou les Chinois… à moins que ce ne soit les deux, sans oublier les Russes, ce qui fait trois. Ces derniers, qui ne sont pas en reste en matière d’espionnage et de contre-espionnage, envisagent de leur côté de s’affranchir carrément de l’Internet (Américain) de l’ICANN en créant leur propre réseau, pour garantir leur sécurité nationale, et celle accessoirement du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud…. Ça fait quand même du monde !).

 

Cet article s’auto-détruira dans quelques secondes…



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