Covid 19 : de la surveillance du virus à celle des âmes

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Covid 19 : de la surveillance du virus à celle des âmes

Yuval Noah Harari en tête, beaucoup d’intellectuels s’inquiètent de l’amplification de la surveillance TECH du virus et de ses potentielles dérives sociétales.

La technologie au service de la surveillance des comportements des citoyens
Ça fait un moment qu’on vous en parle :
-les smartphones au service des services de renseignements ,
-l’affaire SNOWDEN (remarquablement racontée dans le film qui porte son nom),
-le film THE CIRCLE (génial aussi, avec Emma Watson),
-mais aussi cette appli lancée par le gouvernement chinois et digne de la série BLACK MIRROR qui fait froid dans le dos parce qu’elle permet d’évaluer le comportement social de chaque citoyen à travers chacun de ses actes (filmés par des caméras omniprésentes ou bien enregistrés sur les réseaux sociaux), ce qui améliore ou diminue son « crédit social » et peut restreindre ses droits.
-…
On voit bien que les enjeux de sécurité et du respect de l’ordre inspirent à ceux qui en ont la charge des idées et dispositifs qui nous amènent de plus vers ce monde de Big Brother décrit par Georges Orwell dans 1984 (un livre à relire ou un film à revoir).

L’amplification de la surveillance technologique due à Covid-19

Evidemment, c’est très tentant d’utiliser les informations détenues par les opérateurs télécoms pour reconstituer les déplacements des personnes contaminées afin de localiser les personnes à qui elles ont pu transmettre le virus. D’ailleurs, certains pays comme Israël s’en sont donnés l’autorisation sans rien demander à personne. D’autres (la Chine, la Corée du Sud) utilisent une appli pour suivre les déplacements des personnes mis en quarantaine.
La Chine, encore elle, a commencé à équiper ses policiers de casques intelligents à vision thermique et à reconnaissance faciale, qui permettraient de détecter dans les espaces publics les personnes infectées (qui ont de la fièvre), les identifier immédiatement pour savoir où elles habitent et quel score de crédit social elles ont…
En Europe, on n’ose pas encore (officiellement du moins) suivre les clients identifiés individuellement, mais on demande aux opérateurs de transmettre les données de déplacement de leurs clients contaminés après les avoir agrégés anonymement, ceci pour anticiper géographiquement les besoins les plus urgents en matériel médical, et suivre les trajets potentiels de la contamination.

Les dérives de la surveillance « sous-cutanée » dénoncées par Yuval Noah Harari.

Cet historien auteur de livres qui se sont vendus à 17 millions d’exemplaires, tout en parlant de choses très sérieuses comme l’histoire de l’humanité ou bien l’histoire de l’avenir, nous dit que nous sommes à un moment charnière dans l’histoire de la surveillance citoyenne.
Covid-19 donne en effet l’occasion d’utiliser des outils de surveillance de masse à des pays qui s’y étaient toujours refusés. Pire ! En poussant l’exercice un peu plus loin, Monsieur Harari nous parle de ces outils qui existent et qui pourraient demain être mis à la disposition des Etats : tous ces capteurs omniprésents (comme les bracelets biométriques) qui permettent de connaitre non seulement vos trajets mais aussi « votre température ainsi que votre tension artérielle ou votre rythme cardiaque» et donc de raccourcir considérablement le temps de détection et le risque de propagation d’une pandémie. C’est tentant bien sûr, mais, poursuit l’historien du passé et du futur, ce type d’outil permettrait aussi à un gouvernement de savoir ce qui vous fait rire, pleurer ou bien ce qui vous met en colère, et en déduire, pourquoi pas, vos opinions politiques.

Pessimiste ou optimiste ?

Si on est pessimiste, on peut penser que les hommes politiques irresponsables vont mener la danse et prendre des mesures en partant du principe que les gens ne feront pas ce qu’il faut et qu’il faut donc les surveiller en permanence à la manière de Big Brother (on ne sait jamais, un virus peut revenir, ou un autre peut le remplacer)…
Si on est optimiste, on peut espérer que des hommes politiques plus éclairés anticiperont que les citoyens dont ils ont la charge peuvent comprendre les faits et choisiront de les informer objectivement.

Nous, les smartaddicts, on préfère conclure avec optimisme ! En espérant que la technologie peut aider les peuples à surveiller leurs gouvernements, que la pandémie n’annonce pas l’effondrement général cher aux collapsologues, mais une chance pour la civilisation humaine : celle de repenser et réorienter son modèle de croissance et son organisation. D’immenses « plans Marshall » vont être décrétés : ils pourraient réorienter les efforts gigantesques dont l’humanité est capable vers une économie décarbonée et la protection de la planète, une relocalisation de la production, une nouvelle hiérarchie des métiers qui mettraient en première ligne les professionnels de santé, les métiers de l’éducation, et loin derrière ces experts en finance qui en spéculant avec des moyens astronomiques, menacent les grands équilibres tout en gagnant beaucoup trop d’argent…
On peut rêver non ?



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