Bouygues Telecom et Orange : J-3

Bouygues Telecom et Orange : J-3

Aux dernières informations, Bouygues Telecom a convoqué un conseil d’administration mercredi.

Les deux partenaires s’étaient donné jusqu’au 31 mars pour annoncer leur mariage, et l’éminent événement semble maintenant imminent.

Depuis mercredi dernier, y compris pendant tout le week-end pascal, les ultimes protagonistes se sont enfermés chez un grand cabinet d’avocat parisien pour fignoler les derniers aspects du deal approuvé par l’état la semaine passée. Et même si tous disent à l’extérieur, que rien n’est encore joué, on devine que la probabilité que la réponse soit « NON » est infiniment faible…

Pourquoi est-on quasiment sûr que la réponse sera « OUI » ?

Parce que les enjeux sont tout simplement énormes et tous les acteurs y ont intérêt : l’essentiel n’est pas que Orange récupère ci ou ça de Bouygues Telecom, ou que Bouygues Telecom prenne 10 ou 12% d’Orange, même si cela représente déjà beaucoup de milliards… Non, l’essentiel, c’est de reconstituer les marges des opérateurs pour faire face à l’urgence du développement du Très haut débit pour la France, facteur clé de son développement économique, et qui nécessite des investissements gigantesques. Tous les économistes prennent pour exemple les États-Unis d’Amérique, où le marché (de la taille de celui de l’Europe) est réparti entre 4 opérateurs seulement…

Pendant ce temps-là,  les 4 mousquetaires français s’entretuent à coups de forfaits à 3,99€ (au lieu de 19,99€). Il est grand temps qu’ils repassent à trois.

Bien-entendu, cette rhétorique est habituelle pour les entreprises « à réseau », qu’il soit énergétique, de transport ou de télécommunication, et l’argumentation est toujours la même : pour financer les dits réseaux, ils ont besoin de nombreux milliards et de stabilité de l’environnement pour s’assurer d’une rente viable sur le long terme, capable de rembourser leur investissement.

En attendant ou en sont nos négociateurs ?

Plusieurs points sont encore en suspens :
1- L’état a 23% et ne veut pas descendre en dessous de 20. Bouygues Telecom voulait entre 10 et 15, et il obtiendrait 12% (d’après BFM business), par échange d’actions. Mais à quelle valeur Orange doit-il être évalué ? Cours de bourse actuel, valeur moyenne des 3 derniers mois… ?
2- Le groupe ALTICE propriétaire de SFR ferait un chèque de près de 4 milliards, pour récupérer des clients mobiles (il est vrai qu’il en perdu pas mal ces derniers mois), fixes et entreprises, et aussi beaucoup de fréquences, bien plus que prévu au départ.
3- Les 3 opérateurs se partagent les clients du fixe.
4- Le dilemme le plus épineux concerne les salariés. SFR en récupèrerait entre 1 000 et 1 500, et Free un peu plus de 2000 (essentiellement les boutiques), l’autre moitié restant chez Orange, mais ces chiffres sont loin d’être figés…

bruno-lasserreBruno Lasserre, le Président de l’Autorité de la concurrence. (AFP)

Alors que plane l’ombre de l’autorité de la concurrence

Si le deal est confirmé, il restera à convaincre l’autorité de la concurrence…. Les négociateurs veulent croire que son Président Bruno Lasserre, qui a déjà déclaré son intention de tout passer au peigne très fin, ne va pas modifier les fondamentaux, ce qui risquerait de contrarier les intérêts d’un seul des protagonistes et au final, de tout faire capoter.



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