Bouygues Telecom et Orange : il y a de la friture sur la ligne

Bouygues Telecom et Orange : il y a de la friture sur la ligne

Épisode 7 de la saga… et si ce n’était que partie remise ?

Coup de tonnerre Vendredi après-midi. Alors que tout le monde pensait que le mariage entre les 2 géants allait être célébré ce week-end, un communiqué est tombé, laconique signalant que l’accord n’avait pu aboutir.

Mariage annulé, alors que tant de fées s’étaient penchées sur le berceau du petit bébé qui devait naître? Que s’est-il passé ?

Un opérateur sur les 4 ne voulait pas que cela se fasse

C’est le message à peine sibyllin qu’a laissé passer Martin Bouygues, sans désigner personne en particulier… Or, si on se souvient que Altice (SFR) s’était porté candidat l’an dernier, et que cette fois ci, c’était Orange qui avait pris la manœuvre, on se dit qu’il n’en reste qu’un : Free ! Xavier Niel avec lequel Martin Bouygues a un vrai problème de relation de confiance.

L’histoire est un peu compliquée : Xavier Niel veut s’assurer de récupérer 75% au moins des baux de toits terrasses accueils d’antennes qu’il estime essentiel s’il doit racheter le réseau.

Or, ces baux peuvent être remis en cause en cas de changement de propriétaire. Et c’est là que c’est vraiment vicieux : ce que craint Monsieur Bouygues, c’est que Monsieur Niel incite chaque propriétaire de bail à refuser le changement de propriétaire pour déstabiliser Bouygues Telecom au moment le pire, dans les 12 qui suivent l’accord qui devait se signer, juste avant l’avis rendu par l’Autorité de la concurrence…

En plus, autre manouvre redoutée par Martin Bouygues : Xavier Niel a demandé une rallonge de 2 ans du contrat d’itinérance que Free a avec Orange, le temps qu’il puisse prendre possession du réseau Bouygues Telecom, mais le fait de vouloir y mettre une condition suspensive rendait de nouveau le risque de capotage insupportable, pour peu que quelqu’un de mal intentionné se mette à tirer les ficelles…

Mais il existe une autre option : que ce soit Martin Bouygues  lui-même qui a du mal à vendre son bébé… : c’est quand même la 4ème  tentative en 2 ans qui avorte… et cette fois non plus, ce n’est pas une question de prix (10 milliards, c’est ce qu’avait déjà proposé Patrick Drahi), mais plutôt de rapport de force au sein de la nouvelle entité…

Emmanuel Macron en voulait trop

C’est la 2ème théorie qui circule : le ministre de l’Economie aurait mis la barre très haut pour ne pas descendre en dessous de 23% du capital d’Orange et surtout limiter au maximum l’influence que Bouygues aurait pu avoir au sein du conseil d’administration : interdiction  de monter au capital pendant 7 ans, renoncement au droit de vote double pendant 10 ans….On se demande ce que Monsieur MACRON redoutait en laissant trop de pouvoir au nouvel entrant…

emmanuel-macronEmmanuel Macron @ AFP 

En attendant, la situation ne convient à personne

Les cours de bourse des compagnies concernées ont dévissé : SFR (Altice) : -17,99%, Iliad (Free) : -15,10% ; Bouygues Telecom : -13,45% et Orange : -6,17%.

– SFR est certainement celui qui regrette le plus (très motivé par les clients « mobile » de Bouygues Telecom et les morceaux de réseaux qu’il pouvait racheter).
– Pour Stéphane Richard, l’opération aurait sûrement fait grimper la valorisation boursière, un critère essentiel pour le patron déjà bien auréolé.
– Pour Free, c’était une bonne opportunité pour aller plus vite dans la constitution d’un réseau digne de ce nom, mais on sait que son plan B (investir tout seul) n’est pas une mauvaise alternative non plus.
– L’état perd 1,2 milliards d’euros de recettes d’impôt qu’il aurait perçu si le deal s’était fait, mais bon, on se dit aussi qu’il n’est pas vraiment à ça près… C’est surtout que l’Etat comptait sur les opérateurs pour investir des sommes colossales dans la qualité des réseaux pour appuyer l’avenir de l’économie nationale sur le Très Haut Débit… Et là, c’est sûr que l’échec du week-end passé ne va pas accélérer les choses, qui allaient déjà trop lentement…

Alors… partie remise ?

Bouygues Telecom dans son communiqué de sortie, précise :

« l’hypothèse d’une consolidation devient désormais durablement exclue, Bouygues Telecom poursuivra sa stratégie stand alone qui a permis d’ores et déjà un retour à la croissance du chiffre d’affaires et de l’Ebitda dès 2015. Bouygues reste convaincu que le marché des télécoms représente un potentiel de croissance important porté par le développement exponentiel des usages numériques et que Bouygues Telecom est particulièrement bien placé sur ce marché pour bénéficier de cette dynamique… »

Le patron de l’ARCEP confirme même qu’en attendant c’est le consommateur qui va y gagner, avec un maintien des prix bas.

Certes… mais quand même !



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