L’apprentissage de la detox numérique doit-il se faire à l’école ?

L’apprentissage de la detox numérique doit-il se faire à l’école ?

Le smartphone pourrait devenir le nouveau mal du siècle, alors faut-il dès à présent protéger les jeunes générations ? @LesSmartAddicts enquêtent !

Les jeunes sont accrocs à leur téléphone portable en général, et à certaines de leurs applications : leurs  réseaux sociaux bien-entendu, mais aussi ces appli qui permettent la « quantification de soi » et exacerbent l’inquiétude des jeunes filles en particulier concernant leur image corporelle. Au point que cette activité  rentre tout doucement dans le cadre des addictions et doit être traitée comme telle, puisque de nombreux cas pathologiques ont été signalés ces derniers temps.

La question est donc d’organiser l’offre de « detox numérique », afin de permettre de traiter le problème à deux stades différents.

Le stade pathologique

Il commence à être théorisé par des psycho-sociologues qui constatent que « l’hyperconnexion est un état existentiel nouveau » dixit Fabien Loszach, sociologue spécialiste de la culture et des imaginaires sociaux). Les candidats à la detox numérique sont appelés des « êtres réseaux » tellement tournés vers les autres qu’ils ont le sentiment de se dissoudre de l’intérieur. En coupant tout moyen de communication, et en les isolant (de force) complètement du monde extérieur, Les séjours détox leur proposent de « recouvrer leur intégrité corporelle et psychique », assure-t’il, répondant ainsi à « une soif de disparaître », en se soustrayant à l’obligation « d’être quelqu’un » pour les autres.

Le stade initiatique

Avant d’en arriver aux solutions d’éloignement drastiques et quasi-médicales, il doit pouvoir exister une forme d’initiation, plus proche, qui permette aux jeunes de pratiquer la detox numérique suffisamment pour :
👉 prendre conscience qu’il s’agit d’une vraie dépendance et non d’un nouveau mode de vie parfaitement naturel.
👉 faire (re)découvrir le goût délicieux de tout ce à quoi la detox permet d’accéder.

L’expérience du lycée de filles anglais Stroud High 

Pourquoi un lycée de filles ? Justement parce qu’elles peuvent être doublement affectées.

Par l’hyper connexion

👎 75% des élèves affirmaient consulter leurs réseaux sociaux « constamment ».
👎 Plus de 50% déclaraient consulter leur smartphone dans leur lit,
👎 Plus de 50% des 11-14 ans reconnaissaient souhaiter avoir « plus de contrôle » sur leur usage des réseaux sociaux.

Par le stress de la quantification de soi

En se soumettant en particulier aux diktats de ces appli et autres objets connectés (bracelet fitbit, montres), relais pernicieux et amplificateur d’une nouvelle norme sociale qui dicte ses standards de beauté.

Une classe de filles de Stroud HighAinsi il a donc été proposé aux 400 filles du lycée (ainsi qu’à leurs professeurs) de supprimer pendant une semaine tout usage de leur smartphone au lycée, comme à la maison.

Les résultats furent plus qu’encourageants

👍 Baisse du niveau de stress !
👍 Sentiment d’avoir plus de temps libre.
👍 Impression de mieux dormir… autant de résultats parfaitement en ligne avec « l’addiction aux écrans », qui signalent les mêmes désordres comportementaux.

Certains témoignages laissent songeur comme celui de Jess Hourston.

« Normalement, j’écris une phrase, ensuite je consulte snapchat et je réécris la même phrase. Des devoirs qui devraient me prendre une demi-heure me prenaient 1H30. Cette semaine-là, j’ai fait les meilleurs devoirs depuis un bon moment. »

Alors, l’école doit-elle être le lieu d’apprentissage de la détox-numérique ?

Selon les enseignants interrogés de ce collège, oui.

« L’école est un lieu où l’on doit pouvoir (entre autres) nouer des amitiés réelles et sincères, et pas se parler via snapchat d’un bout à l’autre de la classe… »

Les détracteurs diront qu’il devrait plus s’agir d’éducation « pro-active » que de coercition tendant à diaboliser la technologie dans son ensemble. Certes !  Mais en attendant, cette expérience a permis de définir de nouveaux usages des smartphones et autres bracelets et montres connectés, majoritairement bien acceptés par les élèves du lycée :
👧 Interdiction totale pour les 11-14 ans.
👩 Les 14-16 ans y auront droit à l’heure du déjeuner.
👱‍♀️ Les dernières années pourront les utiliser toute la journée… Sauf en classe !

Comme quoi, la méthode forte, ça peut avoir du bon.



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