Les premières désillusions de la 5G

5g et désillusions

Les premières désillusions de la 5G

Entre les États-Unis qui en sont déjà aux lancements commerciaux et la France qui prépare la vente des fréquences aux opérateurs, la valse des désillusions et la guerre commerciale commence…

Aux USA, la 5G piétine

En France, on a beaucoup à apprendre de ce qu’il se passe aux Etats Unis d’Amérique, notamment sur les erreurs à ne pas commettre, quand la 5G passe dans le concret de la commercialisation des offres de services et qu’on veut aller trop vite.

1-la fausse 5G

C’est AT&T qui a lancé le concept avec la 5Ge. Face aux promesses dithyrambiques amplement annoncées dans les médias, la réalité s’apparenterait plus à de la 4G+ que de la vraie 5G. On avait déjà vu dans un article précédant que l’Italie, le Royaume et l’Espagne Uni pouvait proposer respectivement des 5G avec un débit supérieur de 53%, 29%, et même 0,01% ( ?) à celui de la 4G…(https://cutt.ly/GCYmnt ). Mais il semble donc que même les Américains n’aient pas su résister à la tentation…

2-Réseaux incomplets et téléphones 5G introuvables

Aux USA en tout cas, les 1ersclients d’AT&T expriment avec force leur déception, qui s’amplifie avec d’autres faits :
– très peu de téléphones sont compatibles 5G, ce qui va longtemps rester vrai, tant qu’APPLE (tout puissant aux USA) n’aura pas lancé sa propre gamme 5G.
– les réseaux sont très partiels, limités à certaines villes et même à certains quartiers dans certaines villes…

Tout ce « bad buzz » ne décourage pas les 4 opérateurs présents qui vont investir 100 milliards de dollars dans leurs réseaux d’ici à 2020… On comprend qu’ils soient impatients de faire rentrer un peu d’argent…

En France, la guerre des fréquences est lancée

L’ARCEP a communiqué il y a quelques jours les règles d’attribution des fréquences sur lesquelles « elle travaille », dit-elle avec prudence. Le gâteau faisant beaucoup d’envieux est constitué par les 310 MHz de fréquences qui pourraient être ainsi morcelées:
1-chaque opérateur pourrait acheter un premier morceau (de 40 à 60 MHz) à une valeur fixe (du coup, les 4 seraient sûrs de pouvoir s’en offrir un),
2-le reste serait vendu aux enchères par paquets de 10 MHz, et donc accessibles aux plus offrants, c’est-à-dire aux deux plus gros acteurs du marché que sont ORANGE et SFR (avec cependant une limite de 100 MHz par opérateur) …

Le problème devient encore plus compliqué si l’ARCEP gardait l’hypothèse de limiter à 40 MHz le lot à prix fixe, car on pourrait aboutir une répartition des fréquences avec 2 acteurs à 100MHz et 2 acteurs avec 45MHz. Ce qui semble fortement préoccuper Xavier Niel de FREE, ainsi que les dirigeants de Bouygues Telecom qui s’en tenait à un discours plus technique.

Tout ceci n’empêche pas FREE par ailleurs de s’engager avec NOKIA plutôt qu’avec HUAWEI pour la MAJ de son réseau en 5G, sans doute pour positionner une version plus haut de gamme, alliant qualité et sécurité, orientée vers le marché des entreprises qui s’annonce très prometteur.

Pas sûr donc que ces premiers grincements de dents n’inquiètent vraiment les experts de l’ARCEP qui continuent de « travailler » pour préparer ces premières attributions de fréquences à l’automne prochain.

On va suivre ça aussi de près.